Musitechnic Academy

 

Un review d’Émile Gervais


 

Trois ans après sa collaboration avec DVBBS pour la piste Tsunami, Borgeous nous livre son premier album. Après avoir passé au peigne fin chaque chansons (oui oui, chansons), il est évident pour moi d’introduire cet album comme étant la culmination d’une montée non sans encombre du EDM pour en arriver en quelque sorte à une conclusion peut-être pas définitive d’un genre qui a envahi le mainstream pendant longtemps. Heureusement pour nous, cet album se distance en grande majorité du mouvement Big Room House dans lequel avait évolué Tsunami en 2013 lors de l’éclosion de ce dernier. Je vois un peu cet album comme la fin d’une équation un peu trop évidente à résoudre où nous avions seulement besoin de se faire pointer du doigt la réponse qui était sous nos yeux depuis un moment déjà.

 

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Lorsque je dis équation, je ne parle pas vraiment d’une phrase mais plus d’un assemblage de concepts qui se rencontrent à la croisée des chemins. Le problème dans ce cas-ci, c’est que le médium de l’album n’est pas utilisé à son plein potentiel et ressemble plutôt à 15 chansons disparates que l’artiste aurait pris sur son disque dur pour mettre sur une compilation. L’introduction de l’album nous l’envoie en plein visage. Commencer un album avec un “punch à DJ” démontre que le réalisateur a encore cette même vieille approche par rapport à la composition: créer un outil pour pouvoir mieux l’intégrer dans un mix. Il me semble un peu du gaspillage que d’inviter un artiste de renom comme Sean Paul pour en finir avec la même formule qui ne mène plus vraiment nul part.

 

« Ride It » par Borgeous Feat. Rvssian, M.R.I., Sean Paul

 

La viande du long jeu consiste de pièces séparées qui auraient pu facilement être prises dans un contexte de single. Ce qui rend l’album quelque peu agréable est l’enchaînement de plusieurs styles de musique différents, car généralement à moins d’avoir un deadmau5 ou un Knife Party personne ne veut écouter 15 pièces de EDM à 128bpm en ligne au complet. C’est agréable de voir qu’en 2016 les artistes ont une plus grande flexibilité artistique. C’est un peu nécessaire, surtout lorsque nous parlons d’un artiste qui a fait partie de cette vague terriblement omniprésente qu’était le Big Room il n’y a pas si longtemps. Borgeous ne prend quand même pas trop de risques et parcourt tout de même des sentiers déjà explorés dans les 5 dernières années. Que ce soit son Trap émotif ou son Future Deep House, Borgeous n’invente rien ici, il ne fait que raconter cette histoire déjà connue de tous. Oui, il démontre qu’il en maîtrise tous ces chapitres mais le format est surutilisé, l’arrangement est générique et l’écriture est très banal.

 

Pour conclure, cet album n’a rien de vraiment palpitant. Oui, Borgeous collabore avec à peu près toute la planète sur cet opus, mais ce ne sera pas assez pour sauver le EDM de sa longue et douloureuse descente dans l’univers des mélodies redondantes. Maintenant que toutes les bases ont été établies, il ne reste plus qu’à innover et construire quelque chose d’intéressant. Ce ne sera pas pour cette fois-ci.

 

 

Émile Gervais

19 août 2016

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