Musitechnic Academy

« Unlimited » par Bassnectar

 

Un review d’Émile Gervais


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Quoi de mieux pour parler de bass music qu’un nouvel album de Bassnectar? En effet, l’artiste de la côte ouest américaine nous a présenté son nouvel opus il y a de cela deux semaine, le 17 juin. Lorin Ashton, l’homme sous le pseudonyme, en est à un point dans sa carrière où il n’a nul besoin de présenter sa palette sonore. En effet, si vous êtes familier de près ou de loin avec sa musique, vous ne vous sentirez pas perdus lors de l’écoute de cet album.

 


 

Bassnectar en est à son 10ème album avec Unlimited, il a sorti son premier en 2003, ce qui veut dire qu’il est actif depuis bien longtemps et a commencé avant même que la musique électronique atteigne l’effervescence quasi-démesurée de ces dernières années. Il a été un des protagonistes importants de l’émergence de la bass music dans le mainstream de 2010 à 2012 et avec Unlimited, il nous propose de l’accompagner alors que cette bulle commence à exploser (ou imploser dépendamment ce que vous en pensez).

 

Bassnectar – Unlimited

 


 

C’est un voyage qui vaut la peine mais qui n’est pas non plus remarquable. Malheureusement, en 2016, où une certaine fatigue envers la musique “dans ta face toujours plus fort toujours plus de basse” commence à se faire sentir, Bassnectar ne corrige pas nécessairement le tir quant à ses inspirations et sa direction musicale d’une façon assez significative pour dire qu’il s’agit d’un album propre à 2016. Si ce que vous cherchez est le “dans ta face” que je mentionnais plus tôt, vous allez être contents de savoir qu’il ne se gêne pas d’en étendre de bord en bord de l’album. À mon avis, ce n’est pas à la hauteur de Divergent Spectrum, mais tout de même assez percussif pour être qualifié d’album party.

 

Bassnectar – Heads Up (The Glitch Mob Remix)

 


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Un artiste prolifique comme Bassnectar est tout de même capable de s’adapter et de nous présenter des sonorités que nous n’aurions pas trouvées dans ses oeuvres précédentes. Une pièce comme Journey To The Center, qui prend une direction plus ambiantes avec des mélodies cachées sous les synthétiseurs glissando et sifflants propres à Bassnectar, est un exemple parfait pour illustrer la progression artistique de l’artiste. Comportant plusieurs éléments typiquement retrouvés dans la musique dite dance, Lorin prend une approche presque cinématique dans l’utilisation de suspense et de développement de thèmes musicaux, sans pour autant inclure les maintenant presque craintes drops qui ont envahies (en bien ou en mal) nos oreilles pendant si longtemps. Il est agréable de pouvoir écouter une pièce de musique électronique avec une basse bien grasse sans pour autant sentir l’appel du dance floor.

 
 
 
 
 

Bassnectar – Journey To The Center

 


 

Malgré ces sonorités nouvelles, les fans du Voodoo Bassnectar seront bien satisfaits des pièces plus typiques du genre et surtout de l’artiste. Sans pour autant sonner avant-gardiste dans le genre ou dans les sons, on nous propose des sons raffinés au goût du jour, démontrant une recherche du perfectionnisme toujours présente de la part de Bassnectar. TKO et Mind Tricks en sont de bons exemples: des lignes de basses pas complètement nouvelles mais efficaces. Un aspect toujours attirant des compositions de Lorin Ashton est l’utilisation de sons et textures qui sonnent vivantes et organiques, à l’instar de plusieurs (sinon tous) artistes de la scène américaines qui préfèrent des sonorités plus grinçantes, carrées, sèches et moins naturelles. La palette de Bassnectar lui permet de donner une pertinence intemporelle à sa musique, chose qu’un Scary Monster, par exemple, n’a pas.

 

Bassnectar – TKO ft. Rye Rye & Zion I

 


 

Pour ma part, ce qui m’a toujours attiré vers la musique de Bassnectar est la richesse mélodique. Avec toute cette lourdeur sonore et cette distorsion qui parfois monopolise la musique électronique, il serait facile d’oublier l’importance de créer un univers mélodique variés et en mouvement. Ce n’est jamais un problème sur cet album. Reaching Out lance l’album dans la bonne direction avec la superposition de lignes mélodiques et de contre-chant sans pour autant sacrifier l’impact du kick dans le processus. La pièce Paracosm, collaboration avec Glitch Mob, est un autre bon exemple de ce concept ou plusieurs couches sonores évoluent en harmonies mais ne seraient autrement pas nécessairement associées instinctivement l’une à l’autre. Le résultat est à la fois satisfaisant et surprenant dans l’optique où vous ne seriez pas familier avec son répertoire.

 

Bassnectar – Reaching Out

 


 

Pour conclure, je dirais que l’album en tant que qu’album est intéressant et vaut le détour. Peut-être qu’il ne restera pas sur votre liste de lecture pendant plusieurs années mais ses sonorités vivantes et la clarté des mix de Bassnectar sauront vous convaincre de lui accorder plusieurs écoutes. Je crois que ce qui fait sortir l’album du lot est l’ambiance générale créée par cette superposition de couches sonores que je mentionnais plus tôt. Il est à la fois percussif et raffiné, tâche difficile à accomplir mais encore une fois, Bassnectar a livré la marchandise.

 
 

Émile Gervais

22 juillet 2016

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